Orthophonie éco-responsable

Slow consommation ou comment consommer à coup de bisou !

Retrouvez l’infographie tirée de cet article ici : https://slowortho.fr/slowconsommer-simplement/

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Black Friday, fêtes de fin d’année, pré soldes, soldes, fin de série, remises sur nouveautés…Autrefois destinées à écouler les invendus, les soldes se sont peu à peu installées pour durer…toute l’année ou presque. Elles sont devenues la norme pour les vendeurs comme pour les consommateurs.

L’offre en orthophonie se diversifie de plus en plus et c’est un bon point pour la richesse et la diversité de la profession.
M’inquiétant sérieusement pour la solidité de mes étagères, j’ai donc eu besoin d’y voir plus clair, d’éviter de me sentir noyée devant toutes ces offres grandissantes.

Précision importante : il n’est pas question ici de prôner une vie d’ortho-monastique (je trouve cependant l’image assez amusante) croulant sous la culpabilité, d’arrêter de se faire plaisir ou de soutenir les commerces.
Il s’agit plutôt de consommer avec plus de recul, davantage de regard critique, et individuel (ce qui convient aux autres me convient-il réellement ?), en tentant peut-être de regarder à plus long terme.

Comprendre ce qui nous pousse à acheter

Voici un condensé des techniques les plus courantes :
(infographie disponible sur le site wedressfair, source en bas de page)

Ces techniques ont été synthétisées par wedressfair dans le domaine de l’habillement mais peuvent très bien s’appliquer à d’autres produits.

Alors face aux sirènes de la consommation, comment garder son discernement ?

C’est là qu’intervient la fameuse méthode BISOU (oui, oui, vous avez bien lu)

Son nom si mignon est en réalité ni plus ni moins qu’un acronyme tiré de l’ouvrage « J’arrête de surconsommer – 21 jours pour sauver la planète et mon compte en banque » de Marie Lefèvre et Herveline Verbeken.
Un moyen mnémotechnique, que je vais détailler brièvement ici :

B comme BESOIN

Ai-je besoin de ce matériel que je suis sur le point d’acheter?

L’idée est penser à sa longévité potentielle dans vos placards.
N’ai-je pas déjà un matériel qui convient pour cela ?

I comme IMMEDIATEMENT :

En ai-je immédiatement besoin ?
-15 % jusqu’à ce soir, la promo prend fin dans…7 heures, le compte à rebours a commencé !
Et si je manquais cette promo alors que d’autres en profitent ?

Autant de biais cognitifs dont il faut s’extraire.
Votre achat est-il réellement urgent ? Cela peut-être le cas pour une demande spécifique, un nouveau type d’actes que vous pratiquez, une évolution de votre pratique qui vous impose un nouvel matériel…mais cela n’arrive pas systématiquement…

Attention à l’exposition intempestive aux newletters promotionnelles, aux réseaux sociaux et leurs cookies publicitaires créateurs de besoins…

Idée : faites vous une liste d’envies et revenez-y dans quelques semaines. Demandez-vous alors si vous en avez toujours envie.

S comme semblable :

Est-ce que je n’ai pas déjà quelque chose de semblable dans mes étagères ? Pas de doublon qui fera que l’un serait délaissé ?

Passez en revue régulièrement votre matériel.
L’idéal serait de le faire dès le début de la constitution de son matériel.
Mais rien ne vous empêche de le faire à tout moment petit à petit.
Un absent inopiné ? Une longue pause méridienne ? Une/un stagiaire motivé(e) à vous prêter main forte ?
Reprenez un jeu : redécouvrez-le comme si vous veniez de l’acquérir.
Sortez les planches ou les plateaux que vous n’avez jamais sortis, explorez les règles du jeu, trouvez-en d’autres.
Notez les domaines travaillés, les possibilités dans un répertoire ou un tableau numérique ou papier. Posez un nouveau regard. C’est un travail créatif passionnant !
Si vous avez un(e) stagiaire, n’hésitez pas à faire appel à son regard extérieur !
Ou demandez à vos collègues comment ils/elles utilisent ce jeu !

O comme origine

Quelle est l’origine de ce produit ?

Cette notion recouvre :

  • le pays de fabrication
  • la distance parcourue par l’item
  • la matière dans laquelle le produit est fabriqué
  • le nombre de ressources impliquées dans la fabrication
  • la pollution provoquée
  • les conditions de travail dans lesquelles le produit s’est fait

Dans le cas de l’orthophonie : par quel biais achetez-vous ce produit ? Est-ce un site internet ? Est-ce une vente en direct où un commercial sera rémunéré pour sa vente ? Est-ce un magasin de déstockage (si oui, d’où ça vient, quelle est la fiabilité de votre produit ?)
Est-ce un petit commerce indépendant ou une grosse firme ?
Comment sont rémunérés les auteurs ? les illustrateurs ? les concepteurs ?

U comme utile

Ce produit ou ce matériel en question est-il réellement utile pour moi ?
Si mon besoin est réel, ce produit y répond-t-il vraiment ? Est-il adapté ?

Les listes

Citation : «  Réfléchir à son rapport à l’achat, voire le différer, c’est déjà reprendre le contrôle »

Marie Lefèvre, auteure de « J’arrête de surconsommer – 21 jours pour sauver la planète et mon compte en banque »
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Les listes d’achats sont un bon moyen de se pencher sur ses habitudes de consommation.
Elles peuvent être annuelles, trimestrielles ou mensuelles, au choix.

  • Qu’avez-vous acheté ?
  • En quelle quantité ?
  • Quel type de matériel ?
  • A quel prix ?

Vous aurez alors une idée plus fine de la fréquence et du budget de vos achats.

L’achat d’occasion/de seconde main

L’achat d’occasion a le vent en poupe ces dernières années. Moins cher, plus éthique aussi, il permet une économie circulaire.

Parce qu’il nous donne bonne conscience, il peut avoir un effet pervers. : celui de l’achat qui ne relève pas du besoin, comme dans un mode de consommation classique.

L’idée n’est pas seulement de réfléchir sur les fournisseurs mais de bel et bien réduire le nombre de ses achats.

On défalque donc ça ne compte pas

Eh bien pas forcément. Déduire n’est pas être remboursé.
Guillaume Lefebvre, orthophoniste, auteur des clés de la réussite, avait, dans son article d’octobre 2020 (Faut-il « faire des frais » ?,)
calculé sur une base de 100 euros le ratio pro et perso pour un orthophoniste libéral :
 « Ce que vous avez acheté 100 € vous coûte donc 100 – 53,16 = 46,84 €.« 

Les 53,16 euros étant la part de réduction d’impôt et les 46,84 euros à sortir de sa poche perso.
Donc lorsque vous achetez quelque chose, ayez en tête que vous paierez de votre poche ces 46,84 %…

Les autres possibilités

Emprunter/louer

Cette option est déjà largement mise en place entre collègues d’un même cabinet mais plus difficile à mettre en oeuvre en dehors. Cela pourrait concerner un matériel dont le besoin sera très ponctuel (un test par exemple).

La polyvalence

Des supports ou jeux polyvalents vous offrent beaucoup de possibilités.
Livres, pâte à modeler, playmobils, dînette…sont des indémodables et un bon investissement à long terme. Vous pouvez suivre la même logique en recherchant la polyvalence dans des jeux commercialisés.

Fabriquez votre matériel (bon, ok c’est long mais pas toujours !)

Avantage d’internet : les banques d’images gratuites offrent une infinité de possibilités !
J’ai découvert cela pendant le confinement en m’essayant à la création de diapos pour la téléorthophonie.
Beaucoup de possibiltés pour créer des supports uniques, qui correspondent à vous et à votre patient.
Les banques d’images de L’arasaac sont aussi une mine tout comme pictoselector.
Niveau LO et LE je pense qu’on peut tout faire ou presque !

Parenthèse pour les diapos : créer un diapo s’est avéré loin d’être aussi long et difficile que je ne le pensais.
Vous pouvez par exemple vous créer un modèle d’activité : jeu choix, jeu mémory, jeu loto et il suffit de le reproduire à loisir en changeant juste les items.

Autre point d’importance que nous offrent les diapos (même si j’ai bien conscience qu’ils ne s’appliquent pas à tout le monde) : exit les corvées de découpage et plastifieuse donc gain de temps non négligeable !

Pensez aussi que vous pouvez enregistrer votre voix sur vos diapos ou n’importe quel autre son pour le rendre plus interactif. Même chose en incorporant de petites séquences vidéos !

Voilà, nous touchons à la fin de cet article sur les habitudes de consommation.

En résumé :

Maîtrise et connaissance de votre matériel => meilleure appréciation de vos besoins => méthode BISOU + listes => réduction des achats et achats plus pertinents => optimisation du matériel, + de place dans le bureau (personnellement, j’ai pu enfin caser le canapé de mes rêves !) et plus de trésorerie !

Et vous, avez-vous des astuces pour éviter l’achat impulsif tout en vous faisant plaisir ?

En espérant que cet article aura pu susciter votre intérêt.

Merci de m’avoir lue !

Sources :

Pourquoi notre marque de vêtements durables ne fera plus jamais de soldes – WE DEMAIN
Guide anti-incitations à l’achat pour le Black Friday
Orthogestion: Faut-il « faire des frais » ?

https://arasaac.org

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